|
En
Mai 1994, ma compagnie "Des actes pour la vie" est en résidence de
création à Chamonix Mt Blanc, lieu mythique d'inspiration et de
magnificence de la nature.
Je suggère à ma fille
Isabelle Aime de chorégraphier sa première pièce personnelle. Elle en
assume la scénographie, la composition, l'interprétation et prend en
charge de A à Z tous les choix: costumes, musiques etc... jusqu'à la
réalisation finale.
Début juin, elle me
présente sa création. Je suis stupéfaite par la maturité de cette
première oeuvre, par la force de l'interprétation, par la
puissance du message qu'elle délivre "De la violence subie à la dignité
retrouvée".
La jeune chorégraphe
est loin de tout ce qu'elle a interprété jusqu'alors.
Convaincue de la
puissance de ce travail artistique, empli de ferveur et
d'émotions qui touchent au plus profond de l'âme, je décide de
réaliser un projet appelé "Places publiques" pour le porter vers
le public et écrire l'histoire exceptionnelle de cette oeuvre.
Le destin justement
frappe à notre porte à cette époque (voir page
Sarajevo )
Il s'appelle Mukrim et
arrive de Sarajevo. Il s'appelle Europa et nous emmène en autobus
avec d'autres artistes vers des camps de réfugiés à Zagreb.
Cette danse y sera
présentée en public en juin 1994 pour la première fois et prendra le
nom de ce camp de réfugiés "Baraketempo".
De Juin 1994 à
Décembre 1995, le Baraketempo nous emmènera de place en place,
publiques ou privées, scènes de théâtre ou églises, surface de terre
battue ou macadam de la place de la Concorde, pelouses d'herbes du
festival d'Aurillac ou espace confidentiel de la Chapelle de
l'Oratoire à Avignon, de la place de la Déportation à Pau
sous l'orage battant le 10 juillet 1995 lors du drame de
Srebrenica au palais de la Fondation ClNl à Venise avec l'Unesco pour
le colloque "Art tolérance et intolérance" en décembre 95, de la terre
rouge et ocre du Colorado de Rustrel au pied du glacier des Bossons et
du Mt Blanc à Chamonix, du Trocadéro et de la Place des droits de
l'homme à la scène du Kamerni Théâtre à Sarajevo, de la Cité
universitaire de Paris au Salon du livre antifasciste de Mouans Sartoux
|